Les Nutons du pré Fabert

Ce mois de septembre était chaud et beau. Les moutons profitaient de l'abondance de cette herbe de fin d'été, prolifique après plusieurs jours de pluie. Au bord du pré étaient jonchées ça et là, de grosses pierres. Plus loin le ruisseau des ardoises faisait son chemin de clapotis en clapotis. Un chemin forestier s'ouvrait au pré Fabert et Isabelle, du haut de ses 10 ans, aimait venir y jouer et tapoter l'eau fraîche du ru avec son bâton de noisetier. Allongée à plat ventre dans l'herbe, son regard se perdait dans les reflets d'argent de cette eau pure et glacée qui sortait de terre un peu plus loin d'un aven menant à un dédale de grottes très anciennes. La petite fille cria soudainement et se releva d'un bond. Les moutons, effrayés, s'enfuirent au loin. A côté de son visage, elle avait vu celui d'un homme barbu surmonté d'un grand chapeau. Debout, le cœur battant la chamade et frottant sa robe pour en chasser quelques brins d'herbe, elle regardait nerveusement autour d'elle mais ne voyait rien d'autre que moutons, passereaux et un héron qui ne semblait pas être dérangé dans sa quête de quelque beau poisson. D'un pas rapide, elle se dirigea vers le chemin menant dans la forêt. De derrière un rocher, une petite main apparut, un chapeau au large bord se dévoila lentement pour laisser voir le visage âgé d'un nuton habillé d'une combinaison bleue et d'une chemise à carreaux. Il monta très habilement sur le rocher, regarda en souriant vers le chemin puis autour de lui. Il sauta, ramassa un brin d'herbe qu'il porta à sa bouche et s'en alla vers l'aven. Son regard se fixa sur un objet brillant dans l'herbe. Là, au bord de l'eau, il tendit sa main et ramassa une petite chaîne d'or au fermoir cassé. Le nuton la mis dans sa poche et disparu dans la grotte.

Le texte intégral est disponible sur feuille façon parchemin format A3 Exemplaires numérotés avec sceau à la cire rouge - Bon de commande